Le refuge

Un refuge, un ilôt pour les égarés que nous sommes. Un espace où l’on prend le temps de se regarder, de se parler et de s’écouter. Et surtout de ne rien imposer.

Les formes

Photo du spectacle - Futiles perspectives

Futiles perspectives

Un laboratoire éphémère, où le temps est compté mais s’étire tendrement.

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Rapprochons-nous

Rapprochons-nous

Trois personnes sculptent pour nous un espace sonore et visuel avec un bastaing pour point d’ancrage.

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3D du chapiteau

Réfugions-nous

Tentative expérimentale autour de la notion de spectacle-réalité, réalisé en laboratoire
– Création Octobre 2022 -

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photo de l'atelier

Réfugiez-vous

DE / PAR / POUR / AVEC les habitants du coin

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Le projet

D’un point de vue général, nous remarquons qu’une des évolutions de nos médias penche de plus en plus vers des propositions interactives, voire participatives. On peut s’en rendre compte en feuilletant les programmes TV par exemple. L’heure est à la VOD, répondre à la demande par la multiplication de l’offre, par une sorte d’illusion du choix. La télé-réalité a, elle aussi, conquit nos écrans et a ouvert la porte à de nouvelles propositions. Les youtubers, les influenceurs, les streamers ont peu à peu envahi notre monde virtuel. Leur poids grossit chaque jour et ils façonnent à leur manière le monde de demain. Dans le domaine du spectacle vivant, nous pouvons questionner aussi la place du spectateur : un spectacle sans public n’est pas un spectacle. Le spectateur est actif, réactif et sensible… Le spectateur fabrique-t-il le spectacle lui aussi ? Mais alors quelle est sa marge de manœuvre ? Ne travaillons-nous pas (tous les corps de métier du spectacle vivant confondus) à l'empêcher de réagir ? Lui donnons-nous l’occasion et les conditions pour qu’il soit actif ? Quels sont ses possibilités, une fois installé dans la salle ?

D’un point de vue personnel, nous nous questionnons chaque jour sur ce que nous partageons avec toutes les personnes qui composent les publics que l’on rencontre. Et particulièrement sur la façon de les rencontrer. Nous traversons les saisons, protégés par notre « 4ème mur », par notre statut, par notre quotidien sur les routes. Il est si difficile de rencontrer quelqu’un le temps d’un spectacle.
Dans le projet Refuge, nous nous intéressons principalement aux situations et contextes remettant en question les rapports traditionnels entre artiste, proposition artistique et spectateur. Nous voulons jouer avec le lien et les limites entre réalité et fiction, et estomper la distinction entre spontanéité et imposé.

Pour cela, nous créons des espaces singu­liers. Nous les voyons surprenants et accueillants, interactifs et contemplatifs, impertinents autant que pertinents. Nous voulons permettre à tous de se déplacer, de rompre avec certains codes habituels du spectacle qui nous enferment dans des rôles entendus à l’avance : VOUS serez les spectateurs et NOUS serons les acteurs.

Désacraliser l’espace partitionné Scène/Gradin et le rendre commun.

Comme ceux que l’on trouve en haute montagne, chacun sera responsable et pourra jouir de ces refuges.

C’est un des plus gros enjeux de ce projet : propo­ser des espaces-temps (autant physique que spirituel) où chacun sera légitime de porter l’expérience. Un endroit de recherche et de jeu pour tous les prota­gonistes, où l’on se sent vite en sécurité pour tenter, innover, changer de statut. L’idée étant de créer une grande porosité entre tous les opérateurs. Toutes les présences sont en lumière.

Tout le monde fabrique l’image que chacun regarde.

« Depuis le commencement du projet Refuge, je sens un changement lent, intime et infime dans mon approche de la création. Lié à notre temps, à la violence de l’Homme et à sa capacité à tout gâcher, presque à chaque fois. Car si notre art a un sens, c’est, je pense, de servir de prétexte à la rencontre, à la discussion, à fabriquer un moment protégé et partagé où l’on prend le temps de se regarder, de se parler et de s’écouter.
Et surtout de ne rien imposer. » Alexandre DENIS

Futiles perspectives

Environ 2h00 (début 1h30 avant le coucher du soleil / fin 30 min après la nuit) Tout public Espaces naturels En fonction du site

Après deux belles années de diffusion pour les deux formes du Projet Sabordage, on nous fait la proposition idéale : une paren­thèse créative, une commande libre, un dispositif inédit : Curieux de nature, une pro­position de La Passerelle – Scène Nationale de Gap.

Futiles perspectives. C’est le titre de ce moment, qui n’est pas un spectacle. C’était un moment de création comme il en existe peu. Et c’est la première émanation du Projet Refuge.

Le premier cadre posé est vaste, immense même. Une commande où le terrain de jeu s’étend sur des centaines de km² de paysages plus grandioses les uns que les autres.

Des montagnes et des vallées où les saisons sont intenses et colorées. Un sentiment de liberté nous envahit.

Ce sera notre premier obstacle, cette liberté illusoire. Car notre geste doit trouver son cadre, comme à chaque fois. Géographique, évidemment, mais aussi humain, financier et politique. Une fois qu’on a compris comment harmoniser tout ça, on s’est mis au travail.

7 jours au col des Sauvas. 6 nuits à bramer.

On a écouté, on a regardé, on a bu toute cette splendeur et on a tenté de la vectoriser. En un geste, plusieurs gestes même.

En s’appuyant sur le simple fait qu’on s’est tous donné rendez-vous ici. Puis, les gens sont venus. Puis, accompagné par tous, quelque-chose d’unique est né. Unique et sans prétention. Unique et commun. Un instant de grâce… Juste parce qu’on en avait envie. On était comme dans un laboratoire éphémère, où le temps est compté mais s’étire tendrement.

Rapprochons-nous

30 minutes À partir de 10 ans Intérieur / Extérieur protégé 300 personnes

« Rapprochons nous mais pour quoi faire ?
J’ai entendu de tout, des blagues, des secrets, des clichés, des évidences, des pensées à priori hasardeuses qui tapent en plein dans le mille de nos cerveaux, j’ai vu des failles s’ouvrir en pointillés, j’ai vu des auto-persuasions d’équilibre. J’ai vu des mots trop durs à dire, évités, de peur qu’ils partent en larsen. J’ai cru respirer dans leur souffle, comme un effort que l’on partage, peut-être celui d’être ensemble, ailleurs, où je n’étais plus certaine de savoir qui avait choisi la destination et quelle était-elle. Qui détenait l’intime au
 fond ? La question nous a rapproché, n’y répondons surtout pas.
Trois personnes sculptent pour nous un espace sonore et visuel avec un bastaing pour point d’ancrage. Nous entrons en résonance avec eux, avec ce que nous sommes, et ce qui fait sens ici n’est pas ce qui est raconté mais bien la rencontre tissée serrée où chacun lance en écho son intimité. C’est peut-être une forme de miroir qui nous est proposé, et chacun y trouvera sa part de vérité. »
Claudine CHARREYRE

3D du chapiteau

Réfugions-nous

Entre 1h et 3h Intérieur 104 personnes

Pour Réfugions-nous, nous voulons changer de vocabulaire, de cadre de jeu, de statut. Sortir de la partition, des statuts d’acteur et de public. Se laisser surprendre par la rencontre et par ce que les gens peuvent en faire.

Nous chercherons à interroger l’individu dans le collectif, questionner la force de son esprit critique et en réinterroger sa légitimité. En effet nous pouvons (devons ?) faire évoluer les formes pour gagner en profondeur, en partage.

Ce projet prendra la forme d’une succession d’expé­riences physiques (à issues multiples) se déroulant dans un laboratoire.

Les rôles des laborantins et des cobayes (si besoin) se répartiront et tourneront entre toutes les personnes présentes. L’espace évoluera, plusieurs postes de travail seront fixes et d’autres se matérialiseront en fonction des besoins.

La gestion des invités est encore en questionnement. Notre volonté étant de proposer un espace de liberté, nous nous dirigeons vers une scénographie modulable où tout le monde peut se déplacer (presque) librement. La responsabilité est partagée.

Ce mode d’écriture permettra sans aucun doute les changements de registres et la cohabitation d’univers sonores, de couleurs, d’actions, de prises de paroles pouvant aller du burlesque, au drame, en passant par le sensible et le neutre.

La réussite de l’expérience sera l’affaire de tous.

Un kit d’opérateur sera distribué à l’entrée avec tout le matériel nécessaire : blouse de travail, matériel EPI, accessoires, assises, etc.

Voici une liste probable et bordélique des expériences proposées, des objets présents et des postes de tra­vail : une course de chat, un empilement à géométrie variable, une fontaine à eau, un téléphone arabe, des portés, une série de questions statistiques, des touchés, un jeu dont vous êtes le héros, des regards, une boom, un fauteuil, des équilibres, un timer ou une horloge, de la manipulation, du vocabulaire scientifique, de l’envie, une roulette russe, et sans doute d’autres choses.

Réfugiez-vous

Réfugiez-vous… est une proposition de parcours sensible et engagé faite aux habitants du coin. Ce sera, à chaque fois, une tentative. Ce sera, à chaque fois, un cheminement. Grâce à la rencontre entre des habitants, un lieu partenaire et notre compagnie, nous oserons faire la traversée d’un processus de création, de sa genèse à sa concrétisation.

Etant l’une des émanations du projet Refuge, cette pro­position sera portée par 2 des membres de l’équipe et s’appuiera sur les processus spécifiques à ce projet.

Nous souhaitons re-mettre au centre de nos préoccu­pations artistiques et quotidiennes le rendez-vous que l’on prend avec le « public ». Se re-dire que la rencontre dépasse le projet artistique. Elle en est la base, l’objectif et sa légitimité. L’art sans destination devient dérisoire. Comme un marteau sans clou. La plupart des événements ne possède que la valeur qu’on leur donne. Alors mettons-y du cœur, à se retrouver, à se tenir chaud, à s’aimer, à s’élever, à se faire confiance et à se questionner ensemble, en bienveillance.

Nous nous appuierons principalement sur cet engagement commun : celui d’avoir pris la décision de se retrouver là, ensemble. L’engagement d’un artiste est aussi important que celui d’un spectateur. C’est notre réunion qui donne de l’élégance à l’acte artistique. Prenons le temps de faire émerger la grâce.

L’idée est donc de reprendre le processus de créa­tion de Réfugions-nous, sa scénographie, ses maté­riaux, sa démarche, une partie de son équipe, ses en­jeux, sa forme, son fond, et de proposer aux habitants du coin de s’en emparer pour fabriquer leur propre « refuge ».

Un peu comme une œuvre performative dont on donne la recette, nous livrerons aux habitants du coin le cahier des charges de notre création, qui sera la base du travail.